Réflexion sur la liberté d'expression

Publié le par Vae

La liberté d’expression est une des pierres angulaires du libéralisme. Elle est, du moins dans son principe, une des valeurs les plus profondes de la culture politique occidentale. Menacer de mort une personne qui en a usé constitue une menace pour le principe lui-même et donc pour la civilisation qui se fonde sur lui. C’est ce qui vient de se produire avec Robert Redeker, un professeur de philosophie menacé de mort par les islamistes pour avoir écrit un article corrosif sur l’islam.

              Mais avant cette menace extérieure, la liberté d’expression faisait déjà l’objet d’une lente destruction venant de l’intérieur. De la démocratie elle-même. Ou plutôt d’une conception totalitaire de la démocratie, malheureusement la plus courante. Selon cette conception, la démocratie est la valeur absolue. Tout ce qui émane d’un processus démocratique est par définition le Bien à l’instant même où il en émane. Cela conduit bien sûr au relativisme destructeur. Ce qui était juste, bien et vrai peut devenir injuste, mal et faux après le processus de la magie démocratique. Ce qu’on avait le droit de dire un jour peut devenir interdit d’expression le lendemain. Le Parlement, par exemple, vient d’adopter un projet de loi sanctionnant la négation du génocide arménien. N’y a-t-il pas aussi des écologistes qui veulent rendre illégale la négation du « réchauffement planétaire »?

 Le totalitarisme a besoin d’une vérité officielle car il doit par nature tout contrôler pour atteindre ses objectifs et maintenir son pouvoir. Et la démocratie ne se distingue pas du totalitarisme lorsqu’elle interdit la négation de ce que la majorité croit. Ce qu’a écrit Orwell dans 1984 est toujours d’actualité, même dans nos régimes dits démocratiques. Car la démocratie ne se distingue pas du fascisme élitiste lorsqu’elle interdit de nier ce que d’autres jugent immoral de nier. Le pluralisme des idées, la possibilité de mesurer la validité d’une idée à l’aune d’une autre, la concurrence des idées, tout cela préserve à la fois la liberté et les chances d’éliminer les idées fausses. De quelle divine infaillibilité peuvent se prévaloir les hommes de l’État ou la majorité pour définir ce qui est vrai et indiscutable?

Ostracisme et droits de propriété

La liberté d’expression n’a pas d’autre limite que celle qui protège les droits de propriété individuels. Ainsi vous ne pouvez pas dire ce que vous voulez chez moi précisément parce que vous êtes chez moi. De même, vous ne pouvez pas dire ce que vous vous êtes engagé à ne pas dire, d’où l’existence d’un devoir éventuel de réserve. Publier une opinion avec ses propres moyens ou avec ceux d’une autre personne consentante ne peut violer aucun droit légitime.

             Dans une société libre, on a le droit de tout dire dans la limite des engagements contractuels que l’on a pris et dans la limite des moyens mis en oeuvre: ne pas utiliser la propriété des autres par la force. Mais alors, dira-t-on, les gens passeront leur temps à s’insulter, à nier les chambres à gaz, etc. Il faudrait donc qu’une autorité rétablisse l’ordre. Curieux raisonnement qui conduirait à affirmer que les individus voudraient un ordre moral alors que leurs actions révèleraient le contraire.

             Les comportements et les idées fausses, même les insultes, s’éliminent par l’ostracisme et le boycott. Ne plus entrer en relation avec quelqu’un qui nie les chambres à gaz peut lui faire payer cher ses divagations et dissuader d’autres de recommencer. C’est aussi suffisant pour ne plus avoir à souffrir ce que l’on ne veut pas entendre. Une société de liberté n’a pas besoin d’interdiction pour bâillonner les négationnistes, les racistes et les menteurs. Le refus de coopérer avec eux est efficace dans la proportion du degré de tolérance des autres pour leurs idées ou comportements.

Le cas de l’islam

            L’islam n’est pas compatible avec les valeurs occidentales. Le principe de liberté d’expression est en contradiction avec l’islam. La raison tient au fait que cette religion définit le musulman comme un individu qui n’a pas besoin du principe de liberté d’expression puisqu’il l’a abdiquée par sa foi même, et au fait simultané que l’islam est une religion totalitaire, qu’elle contient donc une idéologie politique. De fait, la liberté d’expression n’a jamais existé dans un État islamique.

Alain Madelin a beau dire qu’il faut distinguer l’islamisme radical et les musulmans modérés, les contradictions évidentes entre l’islam et les principes de liberté chèrement acquis en Occident ne peuvent que tourner à l’avantage de cette idéologie totalitaire si ces principes ne sont pas défendus avec vigueur.

La liberté d’expression ne se conçoit pas sans des droits de propriété individuels absolus, et c’est bien pour cela qu’elle est un principe inhérent au libéralisme. Ainsi se battre contre le libéralisme, c’est aussi se battre contre les principes qui en découlent, y compris la liberté d’expression. C’est ce que font les communistes et les socialistes de tous horizons en utilisant la loi pour protéger une vérité officielle.

L’opposition frontale entre l’islam et la liberté d’expression devrait nous donner l’occasion de réfléchir de nouveau à ce qu’est la liberté d’expression, pour comprendre son lien logique avec une définition strictement individuelle des droits de propriété, avec une philosophie politique qui définit l’agression, le vol, le crime, et le délit par la violation des droits de propriété individuels et des engagements contractuels libres. 

Post scriptum : La liberté des uns est-elle limitée par celle des autres ? Oui à la seule condition de définir la liberté par l'absence d'agression des droits de propriété. Définition qui est la seule  valide en philosophie politique. Ainsi, la liberté de s’exprimer est limitée par l’interdiction du vol, et par les accords passés avec les autres propriétéaires.  La liberté d’expression n’est en rien limitée objectivement par la façon dont les autres vont accueillir le message. Il y a un abus anti-conceptuel de la notion de liberté lorsqu'on utilise la formule "la liberté des uns est limitée par celle des autres" de façon contradictoire pour empêcher un autre d'user de son droit légitime. Utilisant alors la notion de liberté dans un sens valide et dans un sens non valide (qui confond la liberté avec l'exigence de respect) on contribue à créer la confusion, ce qui est précisément l'objectif du sophiste. On peut reconnaître ici ceux qui en appellent à cette formule pour justifier une loi qui interdirait de dire que qu'on a le Droit de dire.

 La liberté d’expression est un Droit qui se déduit d’un Droit de propriété individuel : la propriété de son corps ( “Qui est le propriétaire de mon corps ?” ). Ce Droit est absolu au sens où il ne dépend d’aucun autre et il ne se divise pas. Il est. Les Droits de propriété sont. L’ensemble des droits de propriété forme un système de droits nécessairement harmonieux et non contradictoire. De ce système de droits de propriété en mouvement permanent découle ce que chacun peut ou ne peut pas faire et, que cela plaise ou non, la façon dont nos actes sont perçus ne doit se traduire autrement que par des actes compatibles avec le système de droits de propriété.

 

 

Publié dans libéralisme

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pierrot rochette 01/02/2013 01:18


quel magnifique article sur la liberté d'expression


et l'Islam


merci:)))


bravo donc pour votre beau blogue
sur la liberté


permettez-moi de vous offrir
 une de mes chansons
 une vraie histoire vécue
 écrite sur le thème de la liberté
 
SUFFIT D'UNE ALLUMETTE
 
COUPLET1
 
ma liberté
 une nuit un orage
 un jeune pouceux
 que j'ai connu s'a route
 
à 25 ans
 y a perdu son courage
 
j'ai 58
 c'est pas grave un naufrage
 
l'un comme l'autre
 pas de sac de couchage
 rien à manger
 une chance ma gourde est pleine
 
le jeune a mal aux pieds
 j'le vois dans son visage
 y va pleuvoir
 y a d'la glace dans ses veines
 
REFRAIN
 
que je lui dis
 suffit d'une allumette
 pour enflammer ta vie
 
rêve d'une conquête
 d'un grand feu sous ta pluie
 d'un grand feu sous ta pluie
 
COUPET 2
 
ma liberté
 une nuit un orage
 j'ai dit au jeune
 va dormir en d'ssous d'l'arbre
 
m'a prendre soin d'toé
 m'a m'occuper du feu
 mets mon manteau
 tu vas t'sentir au chaud
 
une chance qu'on est
 en d'ssous d'un sapinage
 je casse des branches
 chu mouillé d'bord en bord
 
la run est toffe
 pendant que le jeune dort
 je pris pour qu'il
 retrouve son courage
 
COUPLET 3
 
ma liberté
 une nuit un orage
 au p'tit matin
 chu complètement crevé
 
y mouille encore
 mon feu est presque mort
 le jeune se lève
 y est comme énergisé
 
y fonce dans l'bois
 y casse des gros branchages
 y est en pleine forme
 son feu m'monte au visage
 
sèche mon linge
 lui son manque de courage
 y m'sert la main
 et reprend son voyage
 
REFRAIN FINAL
 
c'est lui qui m'dit
 suffit d'une allumette
 pour enflammer ma vie
 
j'te jure
 que j'rêverai de ma conquête
 d'un grand feu sous ma pluie
 et le vieux
 je te remercie
 
Pierrot
 vagabond celeste


www.enracontantpierrot.blogspot.com
www.reveursequitables.com
google,
video vagabond celeste,
conteur Simon Gauthier

Wali 05/12/2006 18:00

Affirmer d'un côté vouloir défendre le christiannisme contre l'athéisme, et d'un autre "L’islam n’est pas compatible avec les valeurs occidentales" me parait pour le moins saugrenu.
Réduire les individus musulmans à la collectivité de l'islam (comme un collectiviste) me semble également bizarre, lorsque cela sort de la bouche d'un libéral.

Collet 04/11/2006 23:21

Bravo pour ce que je lis sur ce site. La liberté n'a pas besoin de défenseurs mous et passifs, elle nécessite des promoteurs offensifs contre le climat actuel français dans les media et dans l'éducation qui tend à niveler le peuple par le bas pour en faire une masse sur laquelle l'Etat sera tout puissant.
D'abord alerter sur notre situation actuelle, casser les sophismes collectivistes des altercomprenants, rappeler les principes de base du libéralisme et enfin changer cette société qui me rappelle de plus en plus le 1984 d'Orwell.