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Texte libre

La pensée est la vertu première de l’homme, de laquelle toutes les autres découlent. Et son vice premier, la source de tous ses maux, est cet acte inqualifiable que vous pratiquez tous en refusant obstinément de l’admettre: la fuite, la  suspension intentionnelle de la conscience, le refus de penser –non l’aveuglement, mais le refus de voir; non l’ignorance, mais le refus de savoir. C’est l’acte de ne pas concentrer votre esprit, de le noyer dans un brouillard intellectuel, afin de n’avoir pas à endosser la responsabilité de juger, et cet acte repose ultimement sur cette prémisse inavouable: que les choses cesseront d’exister si vous refusez de les identifier, que ‘A’ ne sera pas ‘A’ tant que vous ne l’aurez pas admis. (Ayn Rand, Atlas Shrugged )

Mardi 13 février 2007

Cet extrait d'un texte important de Hans-Hermann Hoppe s'appuie sur la norme (le "modèle") anarcho-capitaliste pour en déduire comment le ratio entre propriété privée et propriété "publique" (gérée par le gouvernement) détermine la nature et la quantité d'intégration forcée, d'immigration subie. Plus la propriété privée est étendue plus l'intégration forcée et l'invasion sont réduites.

" Il est nécessaire de supposer, tout d'abord, en tant que référence conceptuelle, l'existence de ce que les philosophes politiques ont représenté comme une anarchie fondée sur le droit de propriété, l'anarcho-capitalisme ou anarchie ordonnée : tout le territoire est détenu par des propriétaires privés, y compris les rues, les rivières, les aéroports, les ports, etc.

Afin de se rendre compte de ce qui en découle, il est nécessaire d'expliquer comment une société anarcho-capitaliste est modifiée par l'introduction d'un gouvernement, et comment ceci affecte le problème de l'immigration. Comme il n'y a pas de gouvernement dans une société anarcho-capitaliste, il n'y a pas de distinction tranchée entre les membres du pays (les citoyens intérieurs) et les étrangers. Cette distinction n'apparaît qu'avec l'établissement du gouvernement. Le territoire sur lequel s'étend le pouvoir de celui-ci devient le pays et tous ceux qui résident à l'extérieur de ce territoire deviennent des étrangers. Les frontières de l'Etat (et les passeports) naissent, distinctes des frontières des propriétés privées (et des titres de propriétés). L'immigration devient une immigration par des étrangers qui franchissent les frontières étatiques, et la décision d'accepter ou non une personne n'est plus du ressort exclusif des propriétaires privés ou des associations de tels propriétaires mais devient du ressort du gouvernement en tant que producteur de sécurité intérieure. Dès lors, si le gouvernement exclut quelqu'un, alors qu'il se trouve un résident qui voudrait inviter cette personne sur sa propre propriété, le résultat est une exclusion forcée ; et si le gouvernement accepte quelqu'un, alors qu'aucun résident ne souhaite cette personne sur sa propriété, le résultat est une intégration forcée.

De plus, en liaison avec l'institution du gouvernement arrive l'institution de la propriété publique et des biens publics, c'est-à-dire des biens et propriétés possédés collectivement par tous les résidents, contrôlés et administrés par le gouvernement. Plus ou moins important est le total de la propriété publique gouvernementale, plus ou moins grand sera le problème potentiel d'intégration forcée. Considérons, par exemple, une société socialiste comme l'ex Union soviétique ou l'ex Allemagne de l'Est. Tous les facteurs de production, y compris les terres et les ressources naturelles, font partie de la propriété publique. A cet égard, si le gouvernement admet un immigrant non invité, il l'admet potentiellement à tout endroit du pays ; car sans propriété privée des terres il n'existe pas de limitations à ses migrations intérieures autres que celles décrétées par le gouvernement. Sous le socialisme, par conséquent, l'intégration forcée peut s'étendre partout et donc s'intensifier. (En fait, dans l'Union soviétique et en Allemagne de l'Est, le gouvernement pouvait loger un étranger dans l'appartement privé ou la maison privée de quelqu'un d'autre. Cette mesure - et l'intégration forcée très puissante qui en résultait - était justifiée par le "fait" que toutes les maisons privées étaient situées sur le territoire public.)

Les pays socialistes se seront pas des zones à hauts salaires, bien entendu, ou au moins ne le resteront pas longtemps. Leur problème n'est pas la pression à l'immigration mais à l'émigration. L'URSS ou la RDA interdisaient l'émigration et tuaient ceux qui cherchaient à fuir le pays. Malgré tout, le problème de l'extension et de l'intensification de l'intégration forcée continue à l'extérieur du socialisme. Il est vrai que dans des pays non socialistes comme les États-Unis, la Suisse, la République fédérale allemande, qui sont des destinations favorites de l'immigration, un immigrant accepté par le gouvernement ne peut se déplacer où bon lui semble. La liberté de mouvement de l'immigrant est limitée par l'étendue de la propriété privée et de celle des terres en particulier. Mais, en empruntant les routes publiques ou les moyens de transport publics, et en restant sur les terres et parcs publics et dans les constructions publiques, un immigrant peut potentiellement se trouver sur le chemin d'un résident intérieur, et même se retrouver dans son voisinage immédiat, pratiquement à sa porte. Moins la propriété publique est importante, moins le problème sera aigu. Mais tant qu'il existe une propriété publique quelconque, on ne peut totalement y échapper. "

HANS-HERMANN HOPPE Pour le libre échange et une immigration limitée

par Vae publié dans : France
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Mercredi 17 janvier 2007

Le socialisme français, de droite en l'occurrence, continue de bien se porter. Mais le mur s'approche. La destruction programmée de toute notion claire du droit se poursuit avec le droit opposable au logement. opposable devant qui ? La collectivité, l'Etat. C'est-à-dire une abstraction qui ne peut avoir aucun droit ni devoir, n'étant pas dotée du libre arbitre, ni de pensée, encore moyen d'une faculté d'agir. Qui agit ? Qui finance sous la contrainte ? De quels droits légitimes va-t-on priver encore les Français pour satisfaire les communistes des indignes "enfants de don quichotte" ?

Le droit opposable au logement n'est pas seulement un pas de plus vers le communisme. Un tout petit peu de réflexion praxéologique suffit à montrer que ce droit décourage la construction de logements privés et encourage le parasitisme en diminuant le coût de l'imprévoyance et de l'impulsivité. Lorsque que des personnes auront des difficultés de logement, elles n'auront plus qu'à se laisser tomber encore un peu plus bas pour être dans une situation meilleure en bénéficiant de l'assistance publique. Pouvoir tirer systématiquement bénéfice d'une chute volontaire, quelle belle victoire morale ! On peut déjà prévoir que le nombre de mal-logés ne diminuera pas mais augmentera chaque année, du moins si le capitalisme et l'économie de marché, ou ce qu'il en reste, ne sauve pas encore une fois la situation par une croissance suffisante.

le droit opposable : Immoral, destructeur et contre-productif

par Vae publié dans : France
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Jeudi 4 janvier 2007

Dans les  Harmonies économiques, un livre d'une valeur exceptionnelle pour notre temps, Frédéric Bastiat oppose deux principes, l'harmonie et l'antagonisme des intérêts.

Harmonie et antagonisme

L’antagonisme des intérêts est le principe selon lequel, les hommes étant naturellement enclins à entrer en conflit d’intérêt, une société sans pouvoir politique serait déréglée et injuste. Il faudrait donc soit imposer une forme de contrainte qui irait bien au-delà de la police des droits de propriété, soit changer la nature humaine. Ce principe d’antagonisme est présupposé par le socialisme et toutes les utopies sociales.

Quiconque veut débattre d’un point de vue libéral avec un interlocuteur qui se dit « de gauche » doit s’attendre à voir apparaître l’idée que l’homme est un loup pour l’homme, qu’il est dans sa nature, s’il en a la possibilité, de profiter de sa force au mépris des droits des autres, qu’il faut des lois « positives » pour combler le vide juridique laissé par l’absence de lois naturelles.

A cela répond le principe de l’harmonie des intérêts, magnifiquement exposé par Bastiat dans la tradition de l’école française d’économie. L’harmonie des intérêts signifie que, si l’homme est par nature « égoïste », c’est-à-dire s’il est vrai que sa vie personnelle est la plus importante de ses valeurs, il est conduit naturellement à coopérer  pour réaliser ses projets égoïstes. Il ne s'agit pas d'une propriété cachée dans la nature humaine mais simplement le fruit de la rationalité humaine. Pour atteindre ses objectifs dans une société libre il est moins coûteux de coopérer que de se mettre en état de guerre permanent. La coopération et la résolution d'un conflit d'intérêt par le contrat harmonisent les intérêts et permettent à chacun de poursuivre ses propres fins au moindre coût.

Au principe de l’antagonisme est logiquement liée la nécessité de la contrainte. Celle-ci sera aussi étendue que l’exigent les critères d’une société « juste », concept dont il faut tout de suite remarquer que la définition est ici très problématique car historiquement changeante. Son seul « contenu » est purement formel et se réduit en fait au principe : est juste ce qui est légal. Voilà à quoi se réduit la définition de la justice pour les antagonistes. Et on le voit tous les jours en observant que ce qui était légal un jour devient interdit le lendemain.

Au principe de l’harmonie est logiquement lié le principe de liberté. Chacun doit pouvoir poursuivre ses propres fins sans être embrigadé par la force dans les projets des autres. Ainsi tous les échanges libres étant par nature volontaires, le principe de consentement est nécessairement respecté à tout instant et dans toute la société. C’est la forme juridique et économique de l’harmonie sociale.

Arguments contre le principe d’antagonisme

Le principe de l’antagonisme génère l’antagonisme. Et cela pour la raison que, contrairement à la liberté, il doit s’appuyer sur la contrainte. Il est clair que le principe d’antagonisme qui fonde le socialisme repose sur une idéalisation de l’organisation parfaite, sur l’utopie de l’organisation parfaite.

Les socialistes attribuent ainsi à l’organisation volontariste ce qu’ils nient à l’individu : la rationalité. Ce préjugé est inhérent à toute utopie sociale, même dans sa version soft, la démocratie sociale. Cette négation de la rationalité de l’individu, que Hayek a appelée le constructivisme, consiste à prétendre que les hommes de l’Etat savent mieux que chacun quels doivent être ses objectifs et ses préférences  pour agir.  Or si les intérêts changent, si la « distribution » de la richesse se modifie le système de contraintes doit aussi être adapté. Et parmi tous les systèmes possibles lequel choisir ? Faudra-t-il « se résoudre à changer tous les matins d’organisation, selon les caprices de la mode et la fécondité des inventeurs » ? Celui qui bénéficiait des avantages du système va-t-il si facilement accepter d’y renoncer un jour ?

Toutes ces questions ne sont jamais résolues et le bricolage législatif en témoigne, particulièrement en France où aucun principe stable n’existe en pratique. Le principe des droits de propriété est bafoué en permanence par le vol légal et par la réglementation. La contradiction la plus chaotique règne dans le « droit » français, or la contradiction est inévitablement source d’antagonismes.

La dernière invention en date, le droit au logement opposable consiste à traîner devant les tribunaux les hommes de l’Etat parce qu’ils n’ont pas volé l’argent des citoyens avec assez d’empressement pour financer des logements publics. Mais la politique des logements « sociaux » existe depuis longtemps, son bilan se résume en quelques mots : toujours plus de vol et toujours moins de logements ! Les économistes de l’école libérale française peuvent facilement expliquer ce paradoxe. Le logement public et la réglementation consistent à déplacer les ressources qui auraient été disponibles pour créer du logement privé, ainsi qu’à décourager l’investissement et la location privée. Pour un logement « social » construit, combien de logements privés détruits ? La politique du logement dit social aboutit à se priver du dynamisme du marché et, comble du paradoxe, à garantir aux propriétaires déjà présents sur le marché une rente en poussant les prix et les loyers à la hausse.

Arguments pour le principe d’harmonie

L’harmonie d’une société libre repose sur le fait que les lois naturelles sont harmonieuses. Il n’est pas vrai qu’il est dans la nature de l’homme d’avoir un comportement antisocial, agressif ou dominateur. Bien au contraire les analyses scientifiques les plus récentes, présentées par exemple dans le sens moral livre fameux du criminologue J.Q. Wilson, démontrent l’existence d’un sens moral inné qui pousse l’individu à la coopération avec ses semblables. Les économistes ont également établi la nécessité de cette coopération naturelle dans le système de l’échange libre que l’on appelle le marché. Les échanges libres sont productifs et le marché libre est créateur de tous les services en abondance suffisante du moment que l’on n’entrave pas le marché par des réglementations et des faux droits. Le marché est un processus dynamique de découverte des moyens pour satisfaire tous les besoins. Rompre ce processus c’est briser l’harmonie qu’il engendre à long terme.

L’harmonie des intérêts découle de l’existence des droits naturels. En raison de sa nature, un homme ne peut défendre aucun système avec cohérence sans reconnaître implicitement le droit de propriété. L’action de tout individu présuppose la validité du principe des droits de propriété. L’interdiction de l’agression et du vol exprime la validité de ces droits dans toute société. L’agression, le vol, les comportements asociaux n’ont de sens que comme des écarts à la loi naturelle qui se trouve ainsi validée et reconnue.

L’économie capitaliste, qui est fondée sur le droit naturel de propriété, est la plus prospère, la plus durable. Toutes les tentatives pour rendre plus « juste » -plus égalitaire- la distribution des richesses ont conduit, conduisent et conduiront au gaspillage des richesses, à l’égalité des citoyens dans la pauvreté généralisée, à l’émergence de mal logés, de chômeurs, de mal soignés etc., ainsi qu’à une classe de privilégiés : les hommes de l’Etat et les fonctionnaires. C’est le mal français qui n’est pas encore identifié comme tel. Si certains peuvent le regretter, c’est néanmoins un fait que, dans la perspective des élections présidentielles à venir, Jean-Marie Le Pen est le seul candidat d’importance à rompre, et cela depuis longtemps, avec le socialisme défini comme agression des droits de propriété privé.

Il n’y a pas d’autre alternative que celle-ci : ou bien le socialisme et son principe d’antagonisme, ou bien le libéralisme et son principe d’harmonie. Plus le socialisme avance, et il avance, plus le coût de transition du retour à la loi naturelle, à la liberté et aux conditions de la prospérité, sera élevé, jusqu’au jour où un vrai Pinochet présentera l’addition et ce sera les pleurs et les grincements de dents.

Je laisse la conclusion à Bastiat et son éternelle vérité :

Il me semble évident, au contraire, que renfermer la force publique dans sa mission unique, mais essentielle, incontestée, bienfaisante, désirée, acceptée de tous, c'est lui concilier le respect et le concours universels. Je ne vois plus alors d'où pourraient venir les oppositions systématiques, les luttes parlementaires, les insurrections des rues, les révolutions, les péripéties, les factions, les illusions, les prétentions de tous à gouverner sous toutes les formes, ces systèmes aussi dangereux qu'absurdes qui enseignent au peuple à tout attendre du gouvernement, cette diplomatie compromettante, ces guerres toujours en perspective ou ces paix armées presque aussi funestes, ces taxes écrasantes et impossibles à répartir équitablement, cette immixtion absorbante et si peu naturelle de la politique en toutes choses, ces grands déplacements factices de capital et de travail, source de frottements inutiles, de fluctuations, de crises et de chômages. Toutes ces causes et mille autres de troubles, d'irritation, de désaffection, de convoitise et de désordre n'auraient plus de raison d'être; et les dépositaires du pouvoir, au lieu de la troubler, concourraient à l'universelle harmonie.

par Vae publié dans : France
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