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La pensée est la vertu première de l’homme, de laquelle toutes les autres découlent. Et son vice premier, la source de tous ses maux, est cet acte inqualifiable que vous pratiquez tous en refusant obstinément de l’admettre: la fuite, la  suspension intentionnelle de la conscience, le refus de penser –non l’aveuglement, mais le refus de voir; non l’ignorance, mais le refus de savoir. C’est l’acte de ne pas concentrer votre esprit, de le noyer dans un brouillard intellectuel, afin de n’avoir pas à endosser la responsabilité de juger, et cet acte repose ultimement sur cette prémisse inavouable: que les choses cesseront d’exister si vous refusez de les identifier, que ‘A’ ne sera pas ‘A’ tant que vous ne l’aurez pas admis. (Ayn Rand, Atlas Shrugged )

Vendredi 5 décembre 2008 5 05 /12 /Déc /2008 17:53

Je voudrais renvoyer ici à cette belle conférence de mon ami Christian Michel : Pourquoi je ne suis pas démocrate. La raison en est simple. Des relations et des élèves tombent sur mon blog et n'ont pas la patience de lire pour savoir ce qu'est un libertarien. J'ai pensé qu'en mettant ce texte de Christian en première page ils comprendraient qu'un ''anarchiste'' (pas un anarchiste incohérent qui nie le droit de propriété privée comme ceux auxquels nous sommes habitués en Frrance) n'est pas un promoteur du ''je fais ce que je veux et tout ce que je veux''  mais du  ''je fais ce que je veux avec ce qui est à moi et rien qu'avec ce qui est à moi". En même temps, ce beau texte montre combien la démocratie n'est pas une valeur absolue, et même combien elle peut se retourner contre la liberté et le Droit individuel. Quand je dis que je ne suis pas démocrate, c'est au sens de Christian Michel que je le dis, pas au sens d'un fasciste. Le fasciste est soluble dans la démocratie, car si la majorité est fasciste, l'état le sera. La liberté, elle, et le Droit, sont ailleurs. Et voici pourquoi. De manière logique et irréfutable.

 Pourquoi je ne suis pas démocrate.

Par Vae - Publié dans : socialisme
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Mercredi 16 juillet 2008 3 16 /07 /Juil /2008 18:17

L'éthique objectiviste prône et soutient fièrement l'égoïsme rationnel, c'est-à-dire les valeurs requises pour la survie de 1 'homme en tant qu'homme, c'est-à-dire les valeurs requises pour la survie humaine. Et non les valeurs découlant des désirs, des émotions, des «aspirations», des impressions, des caprices ou des besoins de brutes irrationnelles qui ne se sont jamais élevées au-delà des pratiques primordiales des sacrifices humains, n'ont jamais découvert la société industrielle, et ne peuvent concevoir d'intérêt personnel qu'en pillant à tout moment ce qui se trouve autour d'eux.


L'éthique objectiviste considère que ce qui est bon pour l'homme ne nécessite pas de sacrifices humains et ne peut être accompli par le sacrifice des uns en faveur des autres. Elle considère que les intérêts rationnels des hommes ne se contredisent pas, et qu'il ne peut y avoir de conflits d'intérêts entre des hommes qui ne désirent pas ce qu'ils ne méritent pas, qui ne font ni n'acceptent de sacrifices et qui traitent les uns avec les autres sur la base d'un échange librement consenti, donnant valeur pour valeur. Le principe de l'échange est le seul principe éthique rationnel pour toutes les relations humaines, personnelles ou sociales, privées ou publiques, spirituelles ou matérielles. C'est le principe de la justice.


Celui qui applique le principe de l'échange est un homme qui gagne ce qu'il obtient et qui ne donne ni ne prend ce qui n'est pas mérité. Il ne traite pas les hommes comme des maîtres ou des esclaves, mais comme des égaux indépendants. Il fait affaire avec eux au moyen d'échanges libres, volontaires, non forcés et non coercitifs, échanges qui bénéficient à chaque partie selon leur propre jugement indé- pendant. Cet homme ne s'attend pas à être payé pour ses tares, mais seulement pour ses réalisations. Il ne reporte pas sur les autres le fardeau de ses fautes et n'hypothèque pas sa vie pour supporter les leurs.

 

Dans les affaires spirituelles (par «spirituelles» j'entends ce qui concerne la conscience de l'homme), la monnaie ou le moyen d'échange est différent, mais le principe est le même. L'amour, l'amitié, le respect ou l'admiration sont la réponse émotive d'un homme aux vertus d'un autre, le paiement spirituel donné en échange pour le plaisir personnel, égoïste qu'un homme retire des qualités de caractère d'un autre homme. Seul un altruiste ou une brute pourrait prétendre que l'appréciation des vertus d'une autre personne est un acte désintéressé, et que, pour autant que notre propre intérêt égoïste est concerné, cela ne change rien que l'on fasse affaire avec un génie ou un idiot, qu'on fasse la connaissance d'un héros ou d'un bandit, ou que l'on épouse une femme idéale ou une salope. Dans les affaires spirituelles, l'homme qui applique le principe de l'échange ne cherche pas à être aimé pour ses faiblesses ou ses défauts, mais seulement pour ses vertus, pas plus qu'il n'accorde aux autres son amour en conséquence de leurs faiblesses ou de leurs défauts, mais seulement en conséquence de leurs vertus.


Aimer, c'est valoriser. Seul un homme rationnellement égoïste, un homme qui a l'estime de soi, est capable d'amour, parce qu'il est le seul homme capable d'avoir des valeurs fermes et cohérentes, sans compromis et avec intégrité. L 'homme qui ne se valorise pas lui-même, ne peut valoriser personne ni quoi que ce soit.


C'est uniquement en se fondant sur l'égoïsme rationnel, sur la justice, que les hommes peuvent avan- tageusement se réunir pour vivre ensemble dans une société libre, pacifique, prospère, bienveillante et rationnelle .


AYN RAND, la vertu d'égoïsme, éditions les belles lettres, Paris 1993, collection "iconoclaste" dirigée par Alain Laurent et Pierre Lemieux


Par Vae - Publié dans : philosophie
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Samedi 21 avril 2007 6 21 /04 /Avr /2007 09:50

"Nous sommes en grève contre l’auto immolation. Nous sommes en grève contre le principe des récompenses imméritées et des obligations sans contrepartie. Nous sommes en grève contre la doctrine qui condamne la poursuite du bonheur personnel. Nous sommes en grève contre le dogme selon lequel toute vie est entachée de culpabilité"

Il faut lire ce texte absolument fantastique de Ayn Rand. Sans doute un des plus importants textes de philosophie pure et de philosophie libérale en particulier. Il déborde en fait le simple libéralisme dans la mesure où il expose une éthique objective et réaliste mais celui qui sera convaincu par cet exposé n'aura même plus besoin des arguments scientifiques du libéralisme. Il vivra forcément et voudra forcément ce que nous enseigne le libéralisme à sa manière.

En ces temps de cannibalisme politique où l'individu est sommé de se convertir en citoyen, c'est-à-dire en un animal politique qui se mêle en permanence de la vie des autres, il est urgent de remettre les choses à leur juste place.

Le texte entier de Ayn Rand se trouve ici : http://membres.lycos.fr/mgrunert/johngalt.htm

Par Vae - Publié dans : philosophie
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Jeudi 15 février 2007 4 15 /02 /Fév /2007 22:47

Le dernier livre de Maurice Dantec est aussi le premier de ses livres que je lis. J'ai connu Dantec grâce à internet. Son écriture fulgurante, son étonnante et violente lucidité dans l'analyse de la guerre mondiale qui oppose le monde libre à l'islamo-fascisme font de lui un auteur majeur, en tout cas pour moi. Sa black box enregistre en particulier toutes les formes de collaboration et de complicité objective avec l'ennemi. En France, le degré de collaboration est tel,  la police de la pensée est si omniprésente, qu'il faut lire et aimer Dantec pour espérer sauver la liberté de penser, pour sauver LA liberté.

EXTRAIT DE L'AVANT PROPOS :

Ce livre est l'enfant du chaos. Non seulement le chaos du monde tel qu'il se (dé)configure chaque jour, sous le ciel grisâtre des nihilismes, mais le chaos laissé par la dévolution de la pensée, par la peur, la haine de soi, le ressentiment, la culpabilité, et les divers étrons idéologiques qui font de la France ce pays qui est sorti définitivement de l'Histoire pour entrer dans l'âge des postures culturelles et des imposteures politiques à grande échelle.

A l'instant où des démagogues avertis déposent des gerbes de fleurs pour commémorer la mort accidentelle de deux « jeunes Français » s'étant malencontreusement perdus dans un transformateur électrique, pas un mot n'est prononcé en mémoire du technicien urbaniste assassiné le même jour parce qu'il photographiait le mauvais réverbère, au mauvais moment, au mauvais endroit. Pire encore, en cette journée des pleureuses démocrates, un autobus était attaqué à Marseille avec des produits incendiaires. Une jeune femme, étudiante d'origine sénégalaise, brûlée sur soixante-dix pour cent du corps, est toujours entre la vie et la mort. Mais comme je l'ai déjà dit: Non-non-non-non-non, il n'y a pas de racisme antifrançais ( ou autre) dans les mosquées radicales clandestines des banlieues, non-non- non-non-non, des jeunes gens qui mettent le feu à des êtres humains ne sont pas des bêtes sauvages, non-non-non-non-non, il ne faut pas les ostraciser, ils ont bien le droit, eux aussi, d'exprimer leurs frustrations et de vouloir ainsi passer à la télévision. […]

Au moment où chaque jour les talibans attaquent écoles, dispensaires, associations civiles, policiers, médecins, professeurs dans le sud de l' Afghanistan, la coalition des traîtres pacifistes (au Québec c'est une seconde nature) organise une grande manifestation « pour la paix et le retrait des troupes canadiennes » .Le 6 août dernier, gauchistes, collabo-pacifistes et nazillons de diverses obédiences se sont ralliés à la gauche indépendantiste québécoise pour soutenir le «peuple libanais» contre l'«invasion israélienne», les drapeaux du Hezbollah submergeaient le cortège, et les drapeaux fleurdelisés s'agitaient au rythme de celui des terroristes. Jamais un de mes «journaux», pourtant conçus comme un amas de bribes, quelquefois sans la moindre date, n'a ressemblé à ce point à l'univers dont il est sorti. Il est le portrait craché de sa Matrice. Refusé plusieurs fois, par mon éditeur d'origine pour commencer, il m'a fallu souvent adapter son langage aux oukazes staliniens de la justice aux ordres; commencé, « terminé », repris, stoppé, repris à nouveau, préfaces successives se translatant en postfaces, tout comme l'inverse, relectures incessantes, au fil des événements qui se déroulaient, ce volume du Théâtre des Opérations ne devait pas, à l'origine du projet, dépasser une année pleine- soit 2003- avant d'être publié. Le monde qui se défait sous nos yeux en a décidé autrement, mais c'est comme si une lumière secrète pointait derrière la muraille protectrice de la bien-pensance moderne: les diverses tentatives pour le faire taire, ce petit Baby Chaos dont les vagissements semblaient gêner les voisins, occupés à regarder Ardisson ou un match de la Coupe du Monde, l'ont à contrario poussé au-delà de ses limites, frappé du sceau de l'infamie avant même sa parution, qu'a-t-il donc à craindre vraiment, une fois que ces pages seront rendues publiques ?

A l'heure où les émeutes « talibanlieusardes » se transforment en actes de guerre, avec guet-apens organisés à un rythme quotidien contre les forces de l'ordre -une sorte de « stratégie à l'irakienne » tiens ? -, maintenant que nous savons que plus de vingt mille voitures ont brûlé durant les six premiers mois de 2006, exactement le même chiffre que l'an dernier, alors même que les « événements » n'ont pas encore commencé, il est probable qu'énoncer calmement les faits vaudra au Baby Chaos son lot d'insultes bien senties.

Mais Baby Chaos est aussi l'American Black Box. Il va devenir ce qu'il est: une sorte d'arme de destruction massive, c'est-à-dire une arme qui tient dans votre poche. Il capte-émet-décode-enregistre. Non seulement il n'oublie rien, mais il sait déchiffrer les petites conspirations de l' époque, les micro-mensonges des Pravda de l'audiovisuel, ou des Al-Manar en langue française, les capitulations en série du monde de la « culture », l'esprit néo-collaborateur du Français pauvre, riche, ou moyen, désormais attribut ontologique de ce qui fut ma nation, vilaine concussion polytraumatique qui synthétise toutes nos défaites passées, présentes et à venir.

A l'heure où j'écris ces lignes, le parti républicain de G .W. Bush passe un mauvais quart d'heure aux élections législatives américaines. Voilà qui réjouira la nébuleuse vert-brun-rouge qui nous donne enfin la preuve que le crétinisme totalitaire, quels que soient ses origines et ses objectifs, ressemble à toute matière visqueuse qui se respecte: il s'associe avec une facilité déconcertante à toutes les substances qui lui sont similaires, produisant une nuance de vert caca d'oie qui sied si bien aux égoutiers qui les malaxent. [novembre 2006]

Par Vae - Publié dans : livres
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Mardi 13 février 2007 2 13 /02 /Fév /2007 20:56

Cet extrait d'un texte important de Hans-Hermann Hoppe s'appuie sur la norme (le "modèle") anarcho-capitaliste pour en déduire comment le ratio entre propriété privée et propriété "publique" (gérée par le gouvernement) détermine la nature et la quantité d'intégration forcée, d'immigration subie. Plus la propriété privée est étendue plus l'intégration forcée et l'invasion sont réduites.

" Il est nécessaire de supposer, tout d'abord, en tant que référence conceptuelle, l'existence de ce que les philosophes politiques ont représenté comme une anarchie fondée sur le droit de propriété, l'anarcho-capitalisme ou anarchie ordonnée : tout le territoire est détenu par des propriétaires privés, y compris les rues, les rivières, les aéroports, les ports, etc.

Afin de se rendre compte de ce qui en découle, il est nécessaire d'expliquer comment une société anarcho-capitaliste est modifiée par l'introduction d'un gouvernement, et comment ceci affecte le problème de l'immigration. Comme il n'y a pas de gouvernement dans une société anarcho-capitaliste, il n'y a pas de distinction tranchée entre les membres du pays (les citoyens intérieurs) et les étrangers. Cette distinction n'apparaît qu'avec l'établissement du gouvernement. Le territoire sur lequel s'étend le pouvoir de celui-ci devient le pays et tous ceux qui résident à l'extérieur de ce territoire deviennent des étrangers. Les frontières de l'Etat (et les passeports) naissent, distinctes des frontières des propriétés privées (et des titres de propriétés). L'immigration devient une immigration par des étrangers qui franchissent les frontières étatiques, et la décision d'accepter ou non une personne n'est plus du ressort exclusif des propriétaires privés ou des associations de tels propriétaires mais devient du ressort du gouvernement en tant que producteur de sécurité intérieure. Dès lors, si le gouvernement exclut quelqu'un, alors qu'il se trouve un résident qui voudrait inviter cette personne sur sa propre propriété, le résultat est une exclusion forcée ; et si le gouvernement accepte quelqu'un, alors qu'aucun résident ne souhaite cette personne sur sa propriété, le résultat est une intégration forcée.

De plus, en liaison avec l'institution du gouvernement arrive l'institution de la propriété publique et des biens publics, c'est-à-dire des biens et propriétés possédés collectivement par tous les résidents, contrôlés et administrés par le gouvernement. Plus ou moins important est le total de la propriété publique gouvernementale, plus ou moins grand sera le problème potentiel d'intégration forcée. Considérons, par exemple, une société socialiste comme l'ex Union soviétique ou l'ex Allemagne de l'Est. Tous les facteurs de production, y compris les terres et les ressources naturelles, font partie de la propriété publique. A cet égard, si le gouvernement admet un immigrant non invité, il l'admet potentiellement à tout endroit du pays ; car sans propriété privée des terres il n'existe pas de limitations à ses migrations intérieures autres que celles décrétées par le gouvernement. Sous le socialisme, par conséquent, l'intégration forcée peut s'étendre partout et donc s'intensifier. (En fait, dans l'Union soviétique et en Allemagne de l'Est, le gouvernement pouvait loger un étranger dans l'appartement privé ou la maison privée de quelqu'un d'autre. Cette mesure - et l'intégration forcée très puissante qui en résultait - était justifiée par le "fait" que toutes les maisons privées étaient situées sur le territoire public.)

Les pays socialistes se seront pas des zones à hauts salaires, bien entendu, ou au moins ne le resteront pas longtemps. Leur problème n'est pas la pression à l'immigration mais à l'émigration. L'URSS ou la RDA interdisaient l'émigration et tuaient ceux qui cherchaient à fuir le pays. Malgré tout, le problème de l'extension et de l'intensification de l'intégration forcée continue à l'extérieur du socialisme. Il est vrai que dans des pays non socialistes comme les États-Unis, la Suisse, la République fédérale allemande, qui sont des destinations favorites de l'immigration, un immigrant accepté par le gouvernement ne peut se déplacer où bon lui semble. La liberté de mouvement de l'immigrant est limitée par l'étendue de la propriété privée et de celle des terres en particulier. Mais, en empruntant les routes publiques ou les moyens de transport publics, et en restant sur les terres et parcs publics et dans les constructions publiques, un immigrant peut potentiellement se trouver sur le chemin d'un résident intérieur, et même se retrouver dans son voisinage immédiat, pratiquement à sa porte. Moins la propriété publique est importante, moins le problème sera aigu. Mais tant qu'il existe une propriété publique quelconque, on ne peut totalement y échapper. "

HANS-HERMANN HOPPE Pour le libre échange et une immigration limitée

Par Vae - Publié dans : France
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Mercredi 17 janvier 2007 3 17 /01 /Jan /2007 18:52

Le socialisme français, de droite en l'occurrence, continue de bien se porter. Mais le mur s'approche. La destruction programmée de toute notion claire du droit se poursuit avec le droit opposable au logement. opposable devant qui ? La collectivité, l'Etat. C'est-à-dire une abstraction qui ne peut avoir aucun droit ni devoir, n'étant pas dotée du libre arbitre, ni de pensée, encore moyen d'une faculté d'agir. Qui agit ? Qui finance sous la contrainte ? De quels droits légitimes va-t-on priver encore les Français pour satisfaire les communistes des indignes "enfants de don quichotte" ?

Le droit opposable au logement n'est pas seulement un pas de plus vers le communisme. Un tout petit peu de réflexion praxéologique suffit à montrer que ce droit décourage la construction de logements privés et encourage le parasitisme en diminuant le coût de l'imprévoyance et de l'impulsivité. Lorsque que des personnes auront des difficultés de logement, elles n'auront plus qu'à se laisser tomber encore un peu plus bas pour être dans une situation meilleure en bénéficiant de l'assistance publique. Pouvoir tirer systématiquement bénéfice d'une chute volontaire, quelle belle victoire morale ! On peut déjà prévoir que le nombre de mal-logés ne diminuera pas mais augmentera chaque année, du moins si le capitalisme et l'économie de marché, ou ce qu'il en reste, ne sauve pas encore une fois la situation par une croissance suffisante.

le droit opposable : Immoral, destructeur et contre-productif

Par Vae - Publié dans : France
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Jeudi 4 janvier 2007 4 04 /01 /Jan /2007 19:23

Dans les  Harmonies économiques, un livre d'une valeur exceptionnelle pour notre temps, Frédéric Bastiat oppose deux principes, l'harmonie et l'antagonisme des intérêts.

Harmonie et antagonisme

L’antagonisme des intérêts est le principe selon lequel, les hommes étant naturellement enclins à entrer en conflit d’intérêt, une société sans pouvoir politique serait déréglée et injuste. Il faudrait donc soit imposer une forme de contrainte qui irait bien au-delà de la police des droits de propriété, soit changer la nature humaine. Ce principe d’antagonisme est présupposé par le socialisme et toutes les utopies sociales.

Quiconque veut débattre d’un point de vue libéral avec un interlocuteur qui se dit « de gauche » doit s’attendre à voir apparaître l’idée que l’homme est un loup pour l’homme, qu’il est dans sa nature, s’il en a la possibilité, de profiter de sa force au mépris des droits des autres, qu’il faut des lois « positives » pour combler le vide juridique laissé par l’absence de lois naturelles.

A cela répond le principe de l’harmonie des intérêts, magnifiquement exposé par Bastiat dans la tradition de l’école française d’économie. L’harmonie des intérêts signifie que, si l’homme est par nature « égoïste », c’est-à-dire s’il est vrai que sa vie personnelle est la plus importante de ses valeurs, il est conduit naturellement à coopérer  pour réaliser ses projets égoïstes. Il ne s'agit pas d'une propriété cachée dans la nature humaine mais simplement le fruit de la rationalité humaine. Pour atteindre ses objectifs dans une société libre il est moins coûteux de coopérer que de se mettre en état de guerre permanent. La coopération et la résolution d'un conflit d'intérêt par le contrat harmonisent les intérêts et permettent à chacun de poursuivre ses propres fins au moindre coût.

Au principe de l’antagonisme est logiquement liée la nécessité de la contrainte. Celle-ci sera aussi étendue que l’exigent les critères d’une société « juste », concept dont il faut tout de suite remarquer que la définition est ici très problématique car historiquement changeante. Son seul « contenu » est purement formel et se réduit en fait au principe : est juste ce qui est légal. Voilà à quoi se réduit la définition de la justice pour les antagonistes. Et on le voit tous les jours en observant que ce qui était légal un jour devient interdit le lendemain.

Au principe de l’harmonie est logiquement lié le principe de liberté. Chacun doit pouvoir poursuivre ses propres fins sans être embrigadé par la force dans les projets des autres. Ainsi tous les échanges libres étant par nature volontaires, le principe de consentement est nécessairement respecté à tout instant et dans toute la société. C’est la forme juridique et économique de l’harmonie sociale.

Arguments contre le principe d’antagonisme

Le principe de l’antagonisme génère l’antagonisme. Et cela pour la raison que, contrairement à la liberté, il doit s’appuyer sur la contrainte. Il est clair que le principe d’antagonisme qui fonde le socialisme repose sur une idéalisation de l’organisation parfaite, sur l’utopie de l’organisation parfaite.

Les socialistes attribuent ainsi à l’organisation volontariste ce qu’ils nient à l’individu : la rationalité. Ce préjugé est inhérent à toute utopie sociale, même dans sa version soft, la démocratie sociale. Cette négation de la rationalité de l’individu, que Hayek a appelée le constructivisme, consiste à prétendre que les hommes de l’Etat savent mieux que chacun quels doivent être ses objectifs et ses préférences  pour agir.  Or si les intérêts changent, si la « distribution » de la richesse se modifie le système de contraintes doit aussi être adapté. Et parmi tous les systèmes possibles lequel choisir ? Faudra-t-il « se résoudre à changer tous les matins d’organisation, selon les caprices de la mode et la fécondité des inventeurs » ? Celui qui bénéficiait des avantages du système va-t-il si facilement accepter d’y renoncer un jour ?

Toutes ces questions ne sont jamais résolues et le bricolage législatif en témoigne, particulièrement en France où aucun principe stable n’existe en pratique. Le principe des droits de propriété est bafoué en permanence par le vol légal et par la réglementation. La contradiction la plus chaotique règne dans le « droit » français, or la contradiction est inévitablement source d’antagonismes.

La dernière invention en date, le droit au logement opposable consiste à traîner devant les tribunaux les hommes de l’Etat parce qu’ils n’ont pas volé l’argent des citoyens avec assez d’empressement pour financer des logements publics. Mais la politique des logements « sociaux » existe depuis longtemps, son bilan se résume en quelques mots : toujours plus de vol et toujours moins de logements ! Les économistes de l’école libérale française peuvent facilement expliquer ce paradoxe. Le logement public et la réglementation consistent à déplacer les ressources qui auraient été disponibles pour créer du logement privé, ainsi qu’à décourager l’investissement et la location privée. Pour un logement « social » construit, combien de logements privés détruits ? La politique du logement dit social aboutit à se priver du dynamisme du marché et, comble du paradoxe, à garantir aux propriétaires déjà présents sur le marché une rente en poussant les prix et les loyers à la hausse.

Arguments pour le principe d’harmonie

L’harmonie d’une société libre repose sur le fait que les lois naturelles sont harmonieuses. Il n’est pas vrai qu’il est dans la nature de l’homme d’avoir un comportement antisocial, agressif ou dominateur. Bien au contraire les analyses scientifiques les plus récentes, présentées par exemple dans le sens moral livre fameux du criminologue J.Q. Wilson, démontrent l’existence d’un sens moral inné qui pousse l’individu à la coopération avec ses semblables. Les économistes ont également établi la nécessité de cette coopération naturelle dans le système de l’échange libre que l’on appelle le marché. Les échanges libres sont productifs et le marché libre est créateur de tous les services en abondance suffisante du moment que l’on n’entrave pas le marché par des réglementations et des faux droits. Le marché est un processus dynamique de découverte des moyens pour satisfaire tous les besoins. Rompre ce processus c’est briser l’harmonie qu’il engendre à long terme.

L’harmonie des intérêts découle de l’existence des droits naturels. En raison de sa nature, un homme ne peut défendre aucun système avec cohérence sans reconnaître implicitement le droit de propriété. L’action de tout individu présuppose la validité du principe des droits de propriété. L’interdiction de l’agression et du vol exprime la validité de ces droits dans toute société. L’agression, le vol, les comportements asociaux n’ont de sens que comme des écarts à la loi naturelle qui se trouve ainsi validée et reconnue.

L’économie capitaliste, qui est fondée sur le droit naturel de propriété, est la plus prospère, la plus durable. Toutes les tentatives pour rendre plus « juste » -plus égalitaire- la distribution des richesses ont conduit, conduisent et conduiront au gaspillage des richesses, à l’égalité des citoyens dans la pauvreté généralisée, à l’émergence de mal logés, de chômeurs, de mal soignés etc., ainsi qu’à une classe de privilégiés : les hommes de l’Etat et les fonctionnaires. C’est le mal français qui n’est pas encore identifié comme tel. Si certains peuvent le regretter, c’est néanmoins un fait que, dans la perspective des élections présidentielles à venir, Jean-Marie Le Pen est le seul candidat d’importance à rompre, et cela depuis longtemps, avec le socialisme défini comme agression des droits de propriété privé.

Il n’y a pas d’autre alternative que celle-ci : ou bien le socialisme et son principe d’antagonisme, ou bien le libéralisme et son principe d’harmonie. Plus le socialisme avance, et il avance, plus le coût de transition du retour à la loi naturelle, à la liberté et aux conditions de la prospérité, sera élevé, jusqu’au jour où un vrai Pinochet présentera l’addition et ce sera les pleurs et les grincements de dents.

Je laisse la conclusion à Bastiat et son éternelle vérité :

Il me semble évident, au contraire, que renfermer la force publique dans sa mission unique, mais essentielle, incontestée, bienfaisante, désirée, acceptée de tous, c'est lui concilier le respect et le concours universels. Je ne vois plus alors d'où pourraient venir les oppositions systématiques, les luttes parlementaires, les insurrections des rues, les révolutions, les péripéties, les factions, les illusions, les prétentions de tous à gouverner sous toutes les formes, ces systèmes aussi dangereux qu'absurdes qui enseignent au peuple à tout attendre du gouvernement, cette diplomatie compromettante, ces guerres toujours en perspective ou ces paix armées presque aussi funestes, ces taxes écrasantes et impossibles à répartir équitablement, cette immixtion absorbante et si peu naturelle de la politique en toutes choses, ces grands déplacements factices de capital et de travail, source de frottements inutiles, de fluctuations, de crises et de chômages. Toutes ces causes et mille autres de troubles, d'irritation, de désaffection, de convoitise et de désordre n'auraient plus de raison d'être; et les dépositaires du pouvoir, au lieu de la troubler, concourraient à l'universelle harmonie.

Par Vae - Publié dans : France
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Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /Déc /2006 17:04

"Hommes de spoliation, vous qui, de force ou de ruse, au mépris des lois ou par l' intermédiaire des lois, vous engraissez de la substance des peuples; vous qui vivez des erreurs que vous répandez, de l' ignorance que vous entretenez, des guerres que vous allumez, des entraves que vous imposez aux transactions ; vous qui taxez le travail après l'avoir stérilisé, et lui faites perdre plus de gerbes que vous ne lui arrachez d'épis; vous qui vous faites payer pour créer des obstacles, afin d'avoir ensuite l' occasion de vous faire payer pour en lever une partie ; manifestations vivantes de l'égoïsme dans son mauvais sens, excroissances parasites de la fausse politique, préparez l'encre corrosive de votre critique: à vous seuls je ne puis faire appel, car ce livre a pour but de vous sacrifier, ou plutôt de sacrifier vos prétentions injustes. On a beau aimer la conciliation, il est deux principes qu'on ne saurait concilier: la liberté et la contrainte. "

Bastiat écrit à la jeunesse de France en 1850.

 

Par Vae - Publié dans : livres
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Mardi 5 décembre 2006 2 05 /12 /Déc /2006 05:47

Et, pourrait-on s e demander, le panthéisme écologique sera-t-il la nouvelle religion du siècle ? En 1995 voici ce que disait le secrétaire général de l'ONU pour couronner un rapport placé sous la direction du directeur exécutif de l'UNEP Global Biodiversity Assesment, Published for the United Nations Environment Program : "Je voudrais conclure en disant que l'esprit de Rio doit créer un nouveau comportement du citoyen. Après avoir aimé son prochain comme le lui demandait l'évangile, l'homme d'après Rio doit aussi aimer le monde, y compris les fleurs, les oiseaux, les arbres -tout cet envioronnement naturel que nous détruisons régulièrement" (...) Pour les anciens la Terre avait une âme. La retrouver, la ressusciter, telle est l'essence de Rio." (1)

Ainsi la valeur n'est plus une création de l'homme, ni de Dieu, elle n'est même plus hiérarchisée, chaque être de l'univers porte en lui une valeur en soi en tant qu'il participe de la substance divine, l'Univers. Pour une telle religion, l'homme n'est qu'un être parmi les autres, un être qui n'a plus la dignité que lui confère une histoire de la création, une histoire et un devenir qui tendent vers Dieu. Il ne vaut pas plus qu'un arbre. Telle est la leçon qu'il faut retenir de la religion écologiste.

Alors, faut-il se demander, l'idéologie écologiste qui vise à envahir la pensée et l'action politique, comme la transfiguration de Nicolas Hulot en homme providentiel tend à le montrer, cette idéologie sera-t-elle le marxisme du XXIe siècle ? Je pose la question. Il y a des raisons de penser que ce sera le cas s'il n'y a pas une résistance critique qui entre en scène.

première raison : l'écologisme se répand comme le socialisme autrefois. Il devient la pensée indépassable de notre temps. A tel point que mettre en doute le supposé fait du réchauffement climatique est passible d'une accusation de négationnisme.

deuxième raison : la précipitation. Le "principe de précaution" appliqué à l'écologie consiste à prendre des mesures sans considération de leurs coûts d'opportunité. Et dans ces coûts il faut préciser qu'il y a de nombreuses vies humaines. Un seul exemple : "l'interdiction du DTT en 1972 pour des raisons écologiques a été la cause d'une recrudescence de paludisme qui a fait plusieurs dizaines de millions de victimes" (2). On sait aussi que le coût humain d'une réduction forcée de la croissance pour des raisons écologiques dans les pays émergents serait énorme. Notons que ces crimes seraient imputables à ceux qui prônent l'écologisme tout comme les famines causées volontairement par le régime communiste de l'URSS impliquent tous les marxistes.

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(1) cité dans Pascal Bernardin , L'empire écologique, Editions Notre-Dame des Grâces, 1998

(2) Philippe Simonnot, l'erreur économique, denoël,2004

Par Vae - Publié dans : civilisation
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Vendredi 10 novembre 2006 5 10 /11 /Nov /2006 12:09

Pendant une campagne électorale le plus difficile à supporter c'est finalement son présupposé : l'idée que la politique est positivement utile alors qu'elle n'est utile, juste et intéressante que lorsqu'elle se nie elle-même. Il suffit d'écouter n'importe quel politicien pour comprendre que ce que font les professionnels de la politique se réduit finalement à ceci : corriger les erreurs de leurs propres politiques, celles de ceux qui les ont précédés et, pour cela, créer les nouveaux problèmes de demain. Il serait temps de comprendre que l'erreur est dans le principe même de l'action politique. Autrement dit l'action politique EST l'erreur.

La politique "positive" est en régime d'erreur perpétuelle, elle se nourrit de ses propres erreurs, elle a besoin de ses erreurs pour exister, pour se justifier. L'alternance politique n'est, de ce point de vue, qu'un moyen de créer l'illusion du progrès : les erreurs des uns seraient corrigées par les autres autres, les mauvaises politiques seraient éliminées avec la mort "politque" de ceux qui les ont mises en place, avec la défaite électorale. Ce serait vrai si la machine à produire les erreurs était détruite elle aussi. Mais cette machine est la politique elle-même, la politique quotidienne, celle qui s'occupe des "problèmes des Français", celle qui prend les problèmes "à bras le corps", formule risible faite pour les assistés sociaux et autres petits enfants de la République. La nature même de la politique en régime permanent, avec son ronronnement démocratique, réside dans son socialisme et sa soif de soulager tous les "mécontentements". Depuis le temps que ça dure il ne devrait plus y en avoir mais dire cela c'est se tromper sur la nature de la politique en régime de croisière démocratique.

Non seulement le bricolage politique, le réformisme de bric et de broc, l' "ingénierie fragmentaire" chère à Karl Popper conduit à engendrer perpétuellement de nouveaux problèmes qu'il faudra résoudre dans l'avenir, mais la politique, recherchant de la substance pour son action, peut puiser au puits sans fond des insatisfactions humaines, exciter l'envie, découvrir des inégalités "intolérables", de nouvelles classes "opprimées"...

De manière plus profonde, qu'est-ce que la politique ? C'est l'utilisation de la violence légale pour imposer à  des individus des fins dont ils ne veulent pas et dont il est d'ailleurs souvent impossible de savoir s'ils les veulent puisque l'action politique consiste précisément à se priver des moyens de le savoir : l'observation dans une société libre. Il est logiquement impossible de sortir de cela. Si les individus voulaient ce que font les politiciens il n'y aurait pas besoin de la violence. On me répondra que la violence peut être légitime pour atteindre certaines fins. Oui mais ces fins sont dans ce cas abstraites et négatives : la seule violence légitime est celle qui résiste à l'agression, celle qui maintient l'état de droit, les droits de propriété et les règles de justice sur la base desquelles un tribunal civil peut statuer. Ces règles ne sont pas votées à l'assemblée nationale, elles émergent dans une société libre pour résoudre des problèmes juridiques dans des cas concrets.

Une société de droit, libre, sans violence politique, contient une somme de connaissances diffuses que nul ne peut rassembler dans une entité décisionnelle unique comme un gouvernement ou une assemblée de "sages", ou d'élus"... Et cette quantité de connaissances éparses se développe, se mobilise dans un contexte de liberté, dans un ordre social que les  alter-comprenants croient pouvoir rejeter sous l'appellation de "société de marché". C'est qu'ils ne sont pas capables comprendre ce qu'est une société de marché : la coopération volontaire entre des individus qui agissent.

La société de marché, la société libre est le contre-modèle de tous les "projets" de société, de toutes les utopies collectivistes. C'est aussi la seule société juste car c'est la seule à laquelle une définition sensée de la justice puisse être appliquée.

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